Retrouvez l’interview de Pascal Cherki parue dans le Figaro du 12 avril

P CHERKI

INTERVIEW – Pascal Cherki, député de Paris, membre de l’aile gauche du PS, dresse un portrait sévère de l’état du gouvernement après les municiplales.

« LE FIGARO. – Après la défaite historique aux municipales, la cohésion de la gauche est-elle en danger?

Pascal CHERKI. – La droite est mobilisée alors que la gauche est morcelée. On n’a plus les communistes avec nous. Les Verts ont quitté le gouvernement. Ce gouvernement, c’est un bunker socialiste et radical de gauche. Le fait que onze députés PS n’aient pas voté la confiance devrait interpeller le chef de l’État. Il faut que les députés reprennent leur autonomie. Il faut rééquilibrer les institutions. Il n’est pas possible que tout procède du chef de l’État et de sa garde rapprochée. Ce dysfonctionnement des institutions est malsain et peut déboucher sur un blocage politique majeur.

Que reprochez-vous au chef de l’État?

François Hollande doit passer d’une vision politique fondée sur la recherche d’un équilibre impossible avec le Medef à une vision économique fondée sur la priorité à la croissance. Or, sans relance de l’industrie, il n’y a pas de croissance possible. En France, il existe un lien intime entre le capitalisme et la puissance publique qui en a toujours donné l’impulsion. C’est pourquoi vouloir réduire massivement la dépense publique et affaiblir l’État et les collectivités locales sont un non-sens économique. La conférence de presse du 14 janvier a eu un effet amplificateur du décrochage de l’électorat de gauche. On ne manipule pas les symboles impunément. La manière dont François Hollande s’est défini social-démocrate ajoutée à la prétention de faire mieux que la droite en matière de réduction des dépenses publiques ont été vécus comme une gifle infligée à notre électorat. Dès lors, il ne faut pas s’étonner que nos électeurs nous aient tourné le dos dans les urnes. Je sens monter une colère froide rentrée, voire une haine rampante. Le président et le premier ministre ne peuvent pas avoir raison contre l’ensemble de la base de la gauche.

Que doit faire le PS?

Le PS a sa part de responsabilité dans la défaite des municipales car il s’est contenté d’un soutien aveugle à la politique menée par le gouvernement en omettant d’être également une force de proposition et d’interpellation. Lors du conseil national du PS, nous proposerons que les militantes et les militants socialistes soient rapidement consultés pour débattre de la ligne politique. Je demande à Jean-Christophe Cambadélis de bien réfléchir. Soit il est d’accord pour l’organisation d’un congrès avant la fin de l’année, et nous n’aurons aucun problème pour voter pour lui. Soit il refuse, et nous présenterons mardi un candidat lors du conseil national pour rendre la parole aux militants. Il est urgent de reconstruire une synthèse socialiste pour reconstruire ensuite une synthèse à gauche à travers un vrai débat de fond. Car on ne sort pas d’une crise politique de cette ampleur par des combines de couloirs mais en refaisant de la politique au grand jour.

Que pensez-vous de Manuel Valls?

Ses qualités principales sont le tempérament, l’énergie, le dynamisme. Son handicap vient de la ligne politique que François Hollande et lui veulent poursuivre. Cette orientation ne permet d’entraîner ni la gauche, ni le pays. Elle doit être substantiellement infléchie et nous sommes déterminés à l’aider à y parvenir. »

Propos recueillis par Sophie Huet et François-Xavier Bourmaud

Pascal Cherki dans le journal « Le Parisien » : « Un déficit autour de 5 %-6 %, ce n’est pas un problème »

Sans-titre-2Le journal « Le Parisien » consacrait dans son édition du 6 avril un dossier sur la fameuse règle des 3% de déficits publics imposée par Bruxelles aux Etats européens. Pascal Cherki était invité  à réagir sur cette question. Voici le contenu de l’article :

« Du lest en s’affranchissant des 3 %, des marges de manoeuvre et un vaste emprunt européen (la mise en place d’eurobonds, qui fait débat au sein de l’Europe). Voici la route à suivre pour le socialiste Pascal Cherki.

Le député de Paris ne mâche pas ses mots : « Depuis deux ans, nous avons mené une politique fiscale et budgétaire dont l’objectif était la réduction du déficit. Avec un certain succès, puisqu’il a été ramené autour de 4 %. Mais le résultat ? Chômage record, croissance en berne, baisse du pouvoir d’achat et chute des investissements. Dans la situation actuelle, réduire le déficit n’est plus la priorité ! »

Et le député de balayer d’un revers de main les réprimandes prévisibles de la Commission européenne : « La France doit arrêter de se soumettre aveuglément à une idéologie mortifère et dépassée d’un point de vue économique. Lisez Joseph Stiglitz, Prix Nobel d’économie : il ne comprend pas ce que nous sommes en train de faire ! » Pascal Cherki plaide pour un vrai changement de cap : un déficit budgétaire assumé – « autour de 5 %, 6 %, ce n’est pas un problème, si c’est pour relancer la croissance » – et des investissements publics massifs dans les biotechnologies ou la transition énergétique.

« C’est notre tradition : en France, pas de capitalisme sans l’Etat ! s’emporte ce passionné d’histoire économique. Le TGV, Airbus, Areva, ces fleurons ont vu le jour grâce à l’Etat. La baisse prévue de 50 milliards de nos dépenses est une faute politique et économique majeure. » Après avoir pris le risque de faire hurler Bruxelles, le député ne craint pas d’agacer Francfort : « La Banque centrale européenne devrait laisser filer un peu l’inflation, ce qui permettrait de réduire mécaniquement le poids de la dette. »

Les conditions de la confiance pour un contrat de majorité

A deux jours du discours de politique générale de Manuel Valls, j’ai signé avec 88 autres députés du Groupe socialiste un texte publié hier par le?Journal du dimanche. Ce texte réclame un nouveau «?contrat de majorité?» et appelle le gouvernement à changer de cap politique. Telles sont les conditions posées pour voter la confiance au gouvernement mardi.

Retrouvez l’article du Journal du Dimanche :

http://www.lejdd.fr/Politique/La-liste-des-89-frondeurs-du-PS-pour-un-nouveau-contrat-de-majorite-660292

Projet de loi pour les stagiaires

L’Assemblée nationale a adopté la loi relative à l’encadrement des stages et à l’amélioration du statut des stagiaires. Ce texte de loi poursuit un triple objectif, afin de mieux encadrer le recours au stage dans les entreprises : l’intégration des stages dans les cursus de formation des étudiants, l’encadrement des stages pour prévenir les abus possibles et l’amélioration de la qualité des stages dispensés grâce à un référent désigné dans les établissements et un tuteur dans les entreprises.

De manière concrète, ce texte de loi veillera au fait que le temps de présence des stagiaires ne pourra plus être supérieur à celui des salariés, mais également que les stages donneront droit à des congés et que la gratification sera due dès « le premier jour du premier mois » pour les stages dépassant 2 mois.

Cette loi va concerner les 1,2 million de lycéens ou étudiants, qui, chaque année, bénéficient d’un premier contact avec le monde du travail par l’intermédiaire du stage. De plus, elle veille à la responsabilisation des acteurs économiques et universitaires.
Enfin, à l’occasion des débats parlementaires, les parlementaires de gauche ont rappelé que le stage doit demeurer un outil au service de la formation, et non un substitut à l’emploi, qui précarise les salariés.

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